Je vous emmerde

Puisque tout est important, plus rien n’est important.

Puisque tout est grave, plus rien n’est grave.

Puisque le monde est unanime, la critique s’annule.

Moins par moins fait toujours plus.

C’est certainement ce que doivent se dire Jean-Luc Delarue après sa rehab, George Michaël depuis sa sortie de prison ou Bribri avant la perte de ses kilos, pour oser revenir sur le devant de la scène devant la meute qui guette le moindre faux pas pour s’en délecter.

Je me sens sexy et je vous emmerde.

Lorsque tu es tombé par terre, soit tu te suicides, soit tu considères que tu es dans un trou tellement profond que les casseroles que tu te traînes deviennent dérisoires si on les compare à ton instinct de survie.

Le monde n’est que subjectivité. La vie, les évènements, les gens, n’ont que l’importance que nous leur donnons.

Tant pis si le concert de la vieille grecque est mauvais.

J'ai l'air d'être le fils de Demis Roussos et je vous emmerde.

Tant pis si le gendre idéal détesté donne dans la télé poubelle sans même faire d’audimat.

Même si je ne suis plus le gendre idéal, je garde mes lunettes de cadre propret et je vous emmerde.

Tant pis si le film de la mother of pop récolte des critiques assassines.

J'ai la plus belle robe, je suis la reine du monde et je vous emmerde.

L’important c’est d’avoir le courage de se relever en faisant face au monde, comme si de rien n’était.

R.E.S.P.E.C.T.

Retour dans la maison de l’amour

Mais pourquoi diable me dis-je chaque année qu’à mon retour de vacances tout aura changé?

Force est de le constater:

non, non, rien n’a changé… Tout, oui, tout a continué.

Ils étaient mimi les Poppy

En atteste la délicieuse attention de Viviane qui, ayant perçu mon pas léger dans le couloir, a hurlé hier matin, toutes portes ouvertes, un tonitruant

“Saaaaaaaaaaalut Ditoooom! Viens me montrer ton bronzaaaaage”

me faisant subtilement comprendre que je lui avais manqué pendant mes trois semaines de vacances.

En atteste aussi la visite d’une heure que vient de me rendre Colette, cette pie mal intentionnée qui se répand sur tout le monde, dont le but n’était autre que de décortiquer mes vacances pour tenter de découvrir avec qui je suis parti sous prétexte d’évoquer le nombre de randonnées possibles sur mon île grecque.

En atteste encore l’intrusion de Ouin-Ouin, la secrétaire attardée, dans mon bureau pour me souhaiter un bon retour… Et aussi pour m’expliquer que l’imprimante flambant neuve trônant dans le couloir était bien une nouvelle imprimante.
Je l’ai, bien sûr, remerciée de cette précision fondamentale sans laquelle j’aurais certainement mis plusieurs jours à réaliser qu’il ne s’agissait pas d’une grosse guitare électrique bling-bling que je pourrais chevaucher à ma guise telle une blonde boulotte et mal coordonnée…

En attestent enfin les messages de Magalie, ma N+1, sans bonjour, au-revoir ou merci, simplement composés d’un drôle de mot:

Pi.

Au départ j’ai pensé que, peut-être, elle souhaitait me faire part d’un problème relatif à ses seins qui produisaient du lait malgré elle. Mais en songeant à ses maigres obus ressemblant plus à ceux de Jane qu’à ceux de Samantha, je me suis douté que j’étais sur une fausse piste…

J’ai ensuite pensé au nombre π. Il s’agissait peut-être d’un message codé et irrationnel m’indiquant que quelqu’un la harcelait ou tentait à l’instant même de la violer sur son bureau… J’ai donc couru à toutes jambes devant son bureau…
Mais en apercevant sa mine souriante et hypocrite, j’ai compris que personne n’avait tenté de la séquestrer ni de porter son sexe 3,141593 fois à la bouche de Magalie.

Alors quoi?
Que pouvait signifier ce Pi?
Je l’ai googlisé…
Je n’ai rien trouvé.
J’étais désespéré, désabusé, je commençais à taper ma tête contre les cloisons fragiles de mon bureau lorsqu’une ampoule électrique (basse tension) est apparue au dessus de ma tête.

Cette fille revêche n’était même pas foutue de l’écrire en entier… POUR INFORMATION… Ce n’est pas si compliqué d’écrire “Bonjour Ditom, je te transfère ce message POUR INFORMATION. Magalie”, hein?!?

Mais je ne m’énerve pas.

Je souris.

Je souris parce que je suis bronzé et (encore un peu) détendu en pensant aux beaux grecs qui peuplaient les plages sur lesquelles j’ai lézardé au mois de juillet.

J’en déduis une chose:

le monde autour de moi n’a pas changé.

Ma façon de le percevoir est seulement plus sereine.

Madonna WANTS HER GAYS BACK!!!!

Les icônes sont vraiment des salopes entre elles.

La preuve par deux.

Partie 1

Partie 2

… Mais ma petite Maddy, il serait temps que tu apprennes que l’on n’obtient pas toujours ce que l’on veut…

Par exemple, moi, je voudrais que mes vacances reviennent.

Et pourtant, demain matin, elles ne seront déjà plus qu’un lointain souvenir.

GAYDAR – Leçon 2 – La salope en moi

Il y a quelques années j’ai lu un truc dans Têtu - moi aussi j’ai besoin de me reposer le cerveau- que j’ai trouvé très vrai:

Les hétéros aimeraient coucher avec Madonna – Les homos aimeraient ÊTRE Madonna.

My sugar is raw.

Madame, lorsque vous aurez saisi ce principe fondamental de la gaytitude, vous aurez fait 50% du chemin vers la fille à pédé qui sommeille en vous.

Oui, 90% des gays rêvent en secret de pouvoir un jour se produire sur les plus grandes scènes parisiennes dans un numéro chanté de lapdance faisant passer Lady Gaga pour Martine à la plage.

En pratique, la prochaine fois que vous croiserez un homme bien fait de sa personne dans le métro et qui, à plus de 22 ans laisse échapper de son casque une musique qui ressemble à ça:

… Et remue les lèvres à la manière d’une salope en récitant comme un psaume des passages clés de la chanson tels que I like it, like it ou Na na na na na come on, sachez-le, c’est que vous vous trouverez tout simplement en face de moi

VOUS VOUS TROUVEREZ EN FACE D’UNE GROSSE TARLOUZE.

Exercice pour la prochaine fois:
repérez un gay dans le métro d’après les critères énoncés ci-dessus et faites-lui un grand sourire de connivence. Vous deviendrez immédiatement sa meilleure amie pour la vie.

Racisme ordinaire fortement recommandé

Je ne serai jamais en phase avec le vide idéologique de l’époque dans laquelle nous vivons.

Je ne tombe pas dans la facilité du “c’était mieux avant”, thème de l’excellent dernier Woody Allen, Minuit à Paris, mais j’ai quand même du mal à accepter que l’on parle de message universel de tolérance lorsqu’une bulle de vide tombe dans une médiocrité métaphorique tellement profonde qu’elle compare sa liberté à celle de ses cheveux.

J’ai encore plus de mal à accepter, certainement parce que j’y suis naturellement sensible, ce racisme ordinaire qui consiste à se gausser de la petite taille de Nicolas Sarkozy et à l’appeler le nabot ou autre nain à tout bout de champ. Ceux dont le seul argument pour critiquer l’action de Sarkozy est d’ordre physique sont aussi cons que ceux voyant dans Lady Gaga un nouveau messie. Utiliser ce type d’argument est devenu de bon ton pour tout un chacun alors que ce propos est aussi ordinairement raciste que d’insinuer que Delanoë serait incompétent parce qu’il est pédé ou que Rouge-cerise serait limité parce qu’il est roux - alors qu’il écrit quand même pas mal, non? – ou que Madonna ne serait plus bonne à rien parce qu’elle a passé la cinquantaine ou que Strauss-Kahn ne pourrait être sexuellement déviant parce qu’il est directeur du FMI.

Que l’on critique son bilan, son attitude, son inefficacité, ses colères, ses faux pas, son hypocrisie, son amitié avec les hauts représentants de la sphère financière, c’est à dire que l’on apporte des éléments objectifs et étayés, me semble tout à fait digne d’un débat démocratique. Le reste relève du pamphlet violent, vide et absurde.

D’où sort-on que l’intelligence, le charisme ou l’efficacité auraient un rapport avec la taille? Je pourrais citer pléthore de contre-exemples mais je ne m’abaisserai pas à essayer de convaincre la poignée d’imbécile sûre du bien fondé de ses jugements hâtifs.

Mais lorsque je m’aperçois que le soit disant milieu intellectuel du septième art utilise ce type d’argument pour rallier de potentiels spectateurs, je m’insurge. L’affiche de ce film ne vaut pas mieux qu’une conversation dans un bar PMU. Le pire, c’est que je suis convaincu que le propos de ce film est intéressant et j’irai certainement le voir.

Oh! Qu'il est petit le Président!

Reconnaissons juste que nous vivons dans la société du tout marketing et que le marketing s’accommode mal des idées de fond. Le temps de cerveau disponible évoqué par Patrick Le-Lay en 2004, provoquant au passage l’indignation de l’élite intellectuelle française, est exploité jusqu’à la corde par les publicitaires. Le tout marketing a fini par imprégner l’ensemble de la société et particulièrement cette frange élitiste.

Ce nivellement par le bas m’insupporte et me fait peur. Jusqu’à quelle couche de la société se répandra-t-il avant que l’on ne comprenne que le débat se nourrit d’idées construites et argumentées et non de préjugés prémachés?

Et pourtant, j’aime la caricature.

Je ris de bon cœur lorsque l’on me surnomme le nain autant que je trouve pathétique que la taille d’un homme devienne un argument politique.

Tout est question de contexte.