Je vous emmerde

Puisque tout est important, plus rien n’est important.

Puisque tout est grave, plus rien n’est grave.

Puisque le monde est unanime, la critique s’annule.

Moins par moins fait toujours plus.

C’est certainement ce que doivent se dire Jean-Luc Delarue après sa rehab, George Michaël depuis sa sortie de prison ou Bribri avant la perte de ses kilos, pour oser revenir sur le devant de la scène devant la meute qui guette le moindre faux pas pour s’en délecter.

Je me sens sexy et je vous emmerde.

Lorsque tu es tombé par terre, soit tu te suicides, soit tu considères que tu es dans un trou tellement profond que les casseroles que tu te traînes deviennent dérisoires si on les compare à ton instinct de survie.

Le monde n’est que subjectivité. La vie, les évènements, les gens, n’ont que l’importance que nous leur donnons.

Tant pis si le concert de la vieille grecque est mauvais.

J'ai l'air d'être le fils de Demis Roussos et je vous emmerde.

Tant pis si le gendre idéal détesté donne dans la télé poubelle sans même faire d’audimat.

Même si je ne suis plus le gendre idéal, je garde mes lunettes de cadre propret et je vous emmerde.

Tant pis si le film de la mother of pop récolte des critiques assassines.

J'ai la plus belle robe, je suis la reine du monde et je vous emmerde.

L’important c’est d’avoir le courage de se relever en faisant face au monde, comme si de rien n’était.

R.E.S.P.E.C.T.

Madonna WANTS HER GAYS BACK!!!!

Les icônes sont vraiment des salopes entre elles.

La preuve par deux.

Partie 1

Partie 2

… Mais ma petite Maddy, il serait temps que tu apprennes que l’on n’obtient pas toujours ce que l’on veut…

Par exemple, moi, je voudrais que mes vacances reviennent.

Et pourtant, demain matin, elles ne seront déjà plus qu’un lointain souvenir.

Viviane veut se taper une tapette

Viviane sait que je suis gay. Elle a encore fait allusion à ce sujet tout à l’heure à la photocopieuse avec toute la finesse d’esprit que vous lui connaissez.

Oui, parce que Viviane était en train de vouloir transmettre un fax alors que je scannais un document sans y arriver. Dans un éclat de rire, elle m’a sussuré un “je te trouble hein”…

Ce à quoi j’ai répondu par un “carrément oui, tu me déconcentres…”

Sur ces entrefaites, la secrétaire à moitié mongolienne est entrée avec un tas de photocopies personnelles à réaliser.

Elle affichait un air béat à l’écoute de notre conversation, un peu comme une chaudasse qui aurait avalé un cintre. Elle m’a lancé pour toute réponse: “Ah là là qu’est-ce que les hommes feraient sans les femmes hein”.

Un nouvel éclat de rire de Viviane, se frottant contre moi avec ses seins imposants afin de s’extirper du local, a retenti. Répondant à la secrétaire elle a indiqué: “oui, tu as raison”… Puis, me regardant intensément, elle a ajouté “enfin… Les hommes n’ont pas toujours besoin d’une femme pour s’amuser hein…”

Il fallait que je conclue vite. Tout ce qui m’est passé par la tête c’est “tu sais Viviane, sans des femmes comme toi, les hommes riraient beaucoup moins”. 

Elle m’a jeté un regard défiant avant de tourner les talons.

Je sais maintenant que Viviane fait partie de ces femmes que l’homosexualité masculine excite… Et j’adore exploiter les failles de mes adversaires.

Viviane est contente d'elle.

Racisme ordinaire fortement recommandé

Je ne serai jamais en phase avec le vide idéologique de l’époque dans laquelle nous vivons.

Je ne tombe pas dans la facilité du “c’était mieux avant”, thème de l’excellent dernier Woody Allen, Minuit à Paris, mais j’ai quand même du mal à accepter que l’on parle de message universel de tolérance lorsqu’une bulle de vide tombe dans une médiocrité métaphorique tellement profonde qu’elle compare sa liberté à celle de ses cheveux.

J’ai encore plus de mal à accepter, certainement parce que j’y suis naturellement sensible, ce racisme ordinaire qui consiste à se gausser de la petite taille de Nicolas Sarkozy et à l’appeler le nabot ou autre nain à tout bout de champ. Ceux dont le seul argument pour critiquer l’action de Sarkozy est d’ordre physique sont aussi cons que ceux voyant dans Lady Gaga un nouveau messie. Utiliser ce type d’argument est devenu de bon ton pour tout un chacun alors que ce propos est aussi ordinairement raciste que d’insinuer que Delanoë serait incompétent parce qu’il est pédé ou que Rouge-cerise serait limité parce qu’il est roux - alors qu’il écrit quand même pas mal, non? – ou que Madonna ne serait plus bonne à rien parce qu’elle a passé la cinquantaine ou que Strauss-Kahn ne pourrait être sexuellement déviant parce qu’il est directeur du FMI.

Que l’on critique son bilan, son attitude, son inefficacité, ses colères, ses faux pas, son hypocrisie, son amitié avec les hauts représentants de la sphère financière, c’est à dire que l’on apporte des éléments objectifs et étayés, me semble tout à fait digne d’un débat démocratique. Le reste relève du pamphlet violent, vide et absurde.

D’où sort-on que l’intelligence, le charisme ou l’efficacité auraient un rapport avec la taille? Je pourrais citer pléthore de contre-exemples mais je ne m’abaisserai pas à essayer de convaincre la poignée d’imbécile sûre du bien fondé de ses jugements hâtifs.

Mais lorsque je m’aperçois que le soit disant milieu intellectuel du septième art utilise ce type d’argument pour rallier de potentiels spectateurs, je m’insurge. L’affiche de ce film ne vaut pas mieux qu’une conversation dans un bar PMU. Le pire, c’est que je suis convaincu que le propos de ce film est intéressant et j’irai certainement le voir.

Oh! Qu'il est petit le Président!

Reconnaissons juste que nous vivons dans la société du tout marketing et que le marketing s’accommode mal des idées de fond. Le temps de cerveau disponible évoqué par Patrick Le-Lay en 2004, provoquant au passage l’indignation de l’élite intellectuelle française, est exploité jusqu’à la corde par les publicitaires. Le tout marketing a fini par imprégner l’ensemble de la société et particulièrement cette frange élitiste.

Ce nivellement par le bas m’insupporte et me fait peur. Jusqu’à quelle couche de la société se répandra-t-il avant que l’on ne comprenne que le débat se nourrit d’idées construites et argumentées et non de préjugés prémachés?

Et pourtant, j’aime la caricature.

Je ris de bon cœur lorsque l’on me surnomme le nain autant que je trouve pathétique que la taille d’un homme devienne un argument politique.

Tout est question de contexte.

Préjugés de midinette

Hier matin, alors que j’avais les yeux dans le vague, un jeune brun ténébreux et bronzé juste à point, comme une côtelette parfaitement cuite que l’on aurait envie de déguster immédiatement, est entré dans le métro.

Il représentait l’exacte perfection. Un peu viril mais pas trop, encore jeune mais pas trop, habillé de manière stylée mais pas trop, de larges avant-bras mais pas trop…

Il s’est assis en face de moi, bien conscient que mes yeux s’étaient posés sur lui dès son premier pas dans la rame. Je déteste passer pour un vieux con libidineux alors qu’après tout, comme je le ferais pour une œuvre d’art de laquelle je ne pourrais pas détacher les yeux, il est naturel de regarder ce que l’on trouve beau, non?

Répondez sans réfléchir:
si Ricky Martin entrait dans la pièce dans laquelle vous vous trouvez tout de suite et s’asseyait en face de vous, vous ne seriez pas un peu moins concentré pour lire cet article pourtant primordial pour votre compréhension du monde?

Bon… Alors arrêtez tout de suite de me jeter la pierre et reprenez une lecture dénuée de tout jugement.

J’étais donc en train de lire Le Monde sur mon HTC Desire Z et, à partir du moment où il s’est assis en face de moi, mon esprit de midinette s’est mis à prendre le pas sur mon esprit cartésien. Ma concentration s’est liquéfiée jusqu’à former une grosse flaque en dessous de mon siège. Mon comportement est devenu complètement insupportable pour moi-même, ne pouvant m’empêcher de lever les yeux après chaque mot.
Je ne sais pas si vous avez déjà essayé, mais cette technique rend la compréhension de ce que l’on lit beaucoup plus hasardeuse. Et pourtant, mon cerveau commandait à ma tête de se relever invariablement toutes les deux secondes, juste pour regarder ses yeux de braise absorbés par l’écran du téléphone portable qu’il avait entre les mains.

Et puis, persuadé que mon manège allait me mettre dans l’embarras, je  me suis dit qu’il fallait absolument que je porte mon regard ailleurs. Ailleurs que sur son visage.
Alors je me suis mis à regarder la deuxième chose la plus importante pour moi chez un mec après son regard.

… Non mais qu’est-ce que vous allez vous imaginer hein? Vous me prenez pour une chaudasse, comme blogisbeautiful?

Non. Je me suis mis à regarder ses mains occupées à tenir fermement un téléphone. Je suis très à cheval sur les mains: leur propreté, leur forme, leurs ongles coupés et non rongés.

Et là… ce fut l’horreur.

J’ai vu ça:

Oh, le vilain pouce-orteil!

Oui, ses mains étaient propres, bronzées et masculines mais non, je ne pouvais pas continuer à regarder cette horreur. Ce garçon était doté de thumb toes qui étaient si mal assortis à la grâce et à la finesse de son visage qu’ils le faisaient paraître vulgaire.

Je me suis immédiatement remis à lire sans plus relever la tête. Je ne saurais pas vous dire à quelle station il est sorti.

Voilà comment mon esprit peut faire passer un individu du statut de dieu vivant à celui de vulgaire buveur de bière amateur de foot en un quart de seconde.

Et, croyez-moi, je ne suis pas fier de mes préjugés.