Votre enfant vient de vous annoncer son homosexualité?
Votre mari vient de vous plaquer pour un plombier?
Votre frère emprunte sans cesse votre sac à main?
ET SURTOUT, vous cherchez la personne à blâmer pour cette anormalité monstrueuse?
Eh bien, ne cherchez plus.
C’est sa maman qu’il faut fustiger.
Est-ce un poncif de rappeler que la plupart de ces gens-là entretient une relation tellement proche avec sa maman qu’elle en devient quasi-incestueuse (appels quotidiens, confidences des plus intimes, utilisation d’un langage codé pour se parler – par exemple, topette ou boujou chez vous , langage codé pour dire tout (trop?) simplement “au-revoir”) et qu’une autre partie de ces gens-là entretient une relation haineuse avec sa maman (la haine est tellement proche de l’amour) due à un désamour parfois lié à un coming-out désastreux?
Qu’importe. C’est forcément elle (ou vous si vous êtes LA MAMAN) la responsable de tout.
ILLUSTRATION:
Le 27 décembre 2011, déambulant dans Regent Street, maman me regarde tendrement et me dit:
“C’est marrant… Tu ne tiens vraiment ta bouche ni de ton père, ni de moi…”
Tellement étonné par cette remarque impromptue, je lui ai bien sûr répondu par un regard plein de l’intelligence vive dont je sais faire preuve.
Gné?
“Oui… J’aime beaucoup ta bouche parce qu’elle a les coins qui remontent.”
Toujours plus intrigué mais masquant mon étonnement derrière un regard mystérieux, j’étais bien sûr impatient d’en savoir plus…
Regard mystérieux et plein de grâce
Maman a continué…
“… En fait tu as la même bouche qu’une actrice blonde des années 90… Pas Sharon Stone mais une autre de sa génération…”
Puis après quelques secondes de réflexion…
“Je sais! Tu as la bouche de Michelle Pfeiffer!”
Et là, je me suis quand même dit que maman devait être vraiment fière du physique de son fils pour le comparer à une telle bombe sexuelle…
… Enfin, je crois.
Maman y serait-elle pour quelque chose si je me prends pour une blonde à gros seins?
Ce n’est pas parce que tu m’excites tous les jours avec ton minois sexuel et une main caressant ton galbe fessier à l’entrée du métro que j’irai m’acheter un chino TEX chez Carrefour.
Sur quel ton faut-il te le dire?
Je suis beaucoup trop snob pour ça*.
*Si vous connaissez le nom de la bombasse ci-dessus, je suis intéressé.
Vous vous souvenez de Rosine, ma copine de théâtre?
Rosine a un problème
C’est un euphémisme que d’affirmer que Rosine a un problème avec les hommes. Son manque de sexe -18 ans sans tenir une bite dans sa main doit ressembler à l’éternité- et la haine développée à l’encontre de son ex-mari parti avec sa jeune secrétaire blonde, l’ont transformée en une quinqua aigrie et envieuse du bonheur des autres. Ses hormones affichent les mêmes taux que celles de Viviane mais les résultats comportementaux sont très différents.
A la différence de Vivi, Rosine, malgré ses kilos en trop, est ce que l’on peut appeler une belle femme. Elle ne porte d’ailleurs son attention que sur des mecs relativement beaux et bien foutus avec une préférence marquée pour les latinos. Elle est l’archétype de la fille à pédés. Malheureusement pour elle, elle ne le sait pas.
Il y a quelques semaines, nous étions invités à une crémaillère et j’ai tout de suite remarqué que le regard de l’un des convives, plutôt grand, la quarantaine, assez beau, dérivait fréquemment vers moi. Vous me connaissez, je n’y ai pas porté plus d’attention que ça, trop occupé à rire avec mes copines aussi pétasses que moi… Rosine, elle, avait repéré ce quadra à l’allure virile. Dès que le champagne fut servi, elle se rua vers lui, deux coupes à la main, pour démarrer une conversation qu’elle espérait bien terminer dans son lit.
Et puis, je les ai perdus de vue, jusqu’à ce que je m’aperçoive qu’un deuxième mec avait rejoint leur conversation, leurs regards trahissant le fait que Rosine était en train de donner des informations à mon propos.
La nuit s’est ensuite déroulée sans que je ne suive assidûment ce petit manège qui, je le savais, était voué pour Rosine à se terminer en eau de boudin.
Je n’avais plus pensé à cette soirée jusqu’à ce qu’hier je ne reçoive un message dans lequel Rosine évoquait à nouveau ce mec et me demandait si, selon moi qui suis le petit pédé de service, il y avait une chance, une infime possibilité pour que celui-ci soit bissexuel et nourrisse l’envie de démarrer une histoire d’amour avec elle. Ainsi, Rosine s’était caressée tous les soirs de l’été en pensant à cette soirée et à la façon dont il aurait pu la retourner et la prendre sauvagement sur le canapé.
Je me suis alors souvenu que, déjà, elle avait complètement craqué pour un mec de mon cours de théâtre dont la sophistication n’avait rien à envier à celle de Zaza Napoli. Elle m’avait confié quelques mois après qu’elle ne s’était jamais douté de son goût plus prononcé pour le léchage de couilles que pour le lapement de vulves.
Is this man gay?
Alors j’ai pris ma plus belle plume et j’ai joué mon rôle: celui du gaydar officiel de Rosine.
Je n’ai pas voulu casser les beaux moments certainement vécus en solitaire aux côtés de ce mec durant les deux derniers mois. Je ne lui ai pas dit que, sans doute, son seul rôle avait été celui de la bonne copine divertissante pour la soirée mais soulante le reste du temps. Je ne lui ai pas dit non plus que tant qu’elle ne serait pas dotée d’une bite de 23 centimètres entre les jambes elle ne l’intéresserait pas.
Non. Je ne suis pas aussi méchant… Vous en doutiez?
Je lui ai simplement répondu que, peut-être effectivement, il avait un penchant pour le sexe que l’on dit faible – Rosine est le genre de femme qui fait perdre à cette expression tout son sens – mais que je ne lui souhaitais jamais, ô grand jamais de démarrer une histoire avec ce type de boulet à la patte. J’ai ajouté que, pour son bien-être, il valait certainement mieux qu’il reste un fantasme… Qu’elle serait sans doute bien plus heureuse avec un homme aux inclinations moins troubles.
Un lundi matin sous l’abribus, mon casque sur les oreilles.
Je regarde à gauche pour scruter l’arrivée du bus. Rien. Je suis en retard…
Là, sans que je ne puisse rien y faire, mon regard est littéralement happé par une vision de rêve se trouvant sur mon côté droit. Ouaaaaaaaaaaah! Mes yeux s’illuminent, mon lundi prend une dimension merveilleuse.
La fille vers laquelle je dirige mon regard pointe à son tour les yeux vers moi. Elle réalise que ma tête est tournée vers elle depuis un moment. Je sens l’adrénaline monter en elle, je vois un sourire timide se dessiner sur sa bouche. Je suis certain qu’elle s’interroge sur mes intentions. Je suis certain qu’elle se demande si elle est bien maquillée, bien habillée, si ses chaussures sont assorties à son vernis à ongles…
Est-elle flattée? Pense-t-elle que je vais m’approcher pour l’aborder et que nous allons finir par avoir des enfants ensemble? Je devrais la détromper… Mais rien à faire. Mon regard ne peut se décrocher de cette vue sublime.
Et puis, dans un éclair elle réalise… Elle se rend compte que mes yeux ne sont pas vraiment fixés sur son décolleté. Smart girl!
Elle se retourne discrètement. Elle voit l’affiche placardée derrière elle.
Envie de boire un peu de parfum?
Elle comprend…
Elle ne m’adressera plus un regard une fois montée dans le bus.
Ma semaine a commencé par un enchantement, la sienne par une humiliation.
Il y a quelques années j’ai lu un truc dans Têtu - moi aussi j’ai besoin de me reposer le cerveau- que j’ai trouvé très vrai:
Les hétéros aimeraient coucher avec Madonna – Les homos aimeraient ÊTRE Madonna.
My sugar is raw.
Madame, lorsque vous aurez saisi ce principe fondamental de la gaytitude, vous aurez fait 50% du chemin vers la fille à pédé qui sommeille en vous.
Oui, 90% des gays rêvent en secret de pouvoir un jour se produire sur les plus grandes scènes parisiennes dans un numéro chanté de lapdance faisant passer Lady Gaga pour Martine à la plage.
En pratique, la prochaine fois que vous croiserez un homme bien fait de sa personne dans le métro et qui, à plus de 22 ans laisse échapper de son casque une musique qui ressemble à ça:
… Et remue les lèvres à la manière d’une salope en récitant comme un psaume des passages clés de la chanson tels que I like it, like it ou Na na na na na come on, sachez-le, c’est que vous vous trouverez tout simplement en face de moi
VOUS VOUS TROUVEREZ EN FACE D’UNE GROSSE TARLOUZE.
Exercice pour la prochaine fois:
repérez un gay dans le métro d’après les critères énoncés ci-dessus et faites-lui un grand sourire de connivence. Vous deviendrez immédiatement sa meilleure amie pour la vie.