I-I-I-I’m addicted to MDNA

Je ne suis pas le mieux placé pour critiquer un nouvel album de Madonna, et pourtant, les gens que je connais n’ont de cesse, depuis ce week-end, de m’adresser la question suivante: “Alors?”…  Ce qui pourrait se traduire vulgairement par “il est bon le dernier album de Madonna ou c’est de la merde?”.

Oui, parce que, pour je ne sais quelle raison, quand il s’agit de Madonna, le commun des mortels attend qu’elle nous chie un lingot d’or. Pas de demi-mesure: si elle chie des lingots d’argent - oui, ça existe, j’ai vérifié – on dira que c’est de la merde, même si, dans les six mois qui précèdent, personne n’a fait mieux que du bronze. Bref, à s’autoproclamer Reine de la pop, elle s’est sans doute mise dans la merde toute seule, comme l’avaient fait Michaël Jackson ou Prince avant elle et comme le fera Lady Gaga.

Autre chose, quand il s’agit de Madonna, les soit-disant critiques ne parviennent pas à dépassionner le débat. Rolling Stones ou Billboard vont parler d’un bon voire excellent album là où Evene ou 20 minutes vont prendre un malin plaisir non à descendre l’album, mais à descendre la femme. S’il y a bien un aspect qui n’a pas varié depuis le début de sa longue carrière, c’est l’attitude des journalistes et du public à son égard. Je me souviens d’ailleurs d’une critique assassine de l’album Ray Of Light, considéré aujourd’hui comme l’une de ses meilleures productions, par Didier Lestrade dans Têtu. Tout ça parce qu’elle n’avait pas fait intervenir un orchestre symphonique sur Frozen. Elle n’a jamais été épargnée, elle a toujours été critiquée voire assassinée pour son soit-disant manque de talent et d’originalité. Ce que l’on oublie trop souvent, c’est que le talent ne fait pas tout. Il y a dans les rues des milliers de chanteurs au talent démesuré qui ne percent pas. La différence, c’est le charisme.
C’est une leçon que j’ai apprise, une fois n’est pas coutume, au moment de l’émergence de Lady Gaga. Je me suis demandé pourquoi elle suscitait tant de passion alors que ses morceaux ressemblent à du Samantha Fox boosté aux hormones… La réponse, c’est que Lady Gaga est charismatique - je ne le répèterai pas deux fois- et, oui, Madonna l’est aussi. Et, si je parle uniquement en mon nom, sa force communicative peut m’entraîner très loin.

Alors concernant MDNA, je me contenterai de répéter un peu ce que j’ai lu dans des articles à peu près objectifs.

Les deux premiers singles ne sont pas du tout représentatifs de l’album qui, lui, est plutôt très intense (tantôt dark, tantôt euphorique, tantôt épuré). MDNA est vraiment construit comme un voyage dans l’univers de Madonna. Il s’agit d’un album cohérent et très progressif. L’écouter en intégralité c’est un peu comme regarder un film.
On se retrouve parfois en terrain de connaissance (I’m a sinner ou Love Spent qui reprend le fameux gimmick d’Abba déjà utilisé dans Hung Up) et parfois en terrain un peu plus expérimental (Gang Bang ou I don’t give A…). L’ironie est toujours là lorsque Nicky Minaj évoque la ridicule guéguerre construite par les médias entre Lady Gaga et Madonna (you’re more original than Gaga – there’s only one queen, and that’s Madonna) et il est réconfortant de se souvenir que la pop n’est pas une affaire sérieuse, même si ses enjeux économiques sont énormes.
Quelques chansons sucrées et faciles (Turn Up The Radio ou Superstar) tournent dans la tête dès la première écoute de manière obsessionnelle et vous donnent le sourire.
D’autres (I’m addicted ou Some Girls) vous donnent l’envie de buter tous les obstacles qui se trouveront sur votre route de manière énergique tandis que Falling free vous pose sur un nuage délicat qui pourrait avoir été poussé juste sous vos fesses par Kate Bush.

Alors effectivement, MDNA n’est pas un album parfait. Madonna n’est pas parfaite, elle se tue à le répéter. Mais il s’agit d’un album humain, sombre, drôle, ironique, parfois doux, parfois violent. Venant de l’une des popstars les plus connues de la planète, après 300 millions de disques vendus, un peu d’authenticité n’a pas de prix.

On a pu dire que Madonna cherchait à rivaliser avec les jeunettes qui se sont installées pendant son absence. Moi, je pense que non. Son expérience transparaît dans sa musique et dans ses textes. Sa musique ne sera pas comprise par des adolescents de 13 ans shootés aux Rhianna et autres Katy Perry. Ces dernières devraient d’ailleurs considérer MDNA comme une sorte de masterclass. Madonna n’est pas dans une posture que voudrait lui imposer tel ou tel producteur. Elle assume tout, elle a des épaules solides et ça se sent dans sa musique.

Pour résumer, MDNA est nettement au-dessus de Hard Candy. Cet album prouve, s’il en était besoin que Madonna manquera à la pop lorsqu’elle raccrochera les gants.

Promis, après cette note, je parle d’autre chose que de MADONNA!

PS: J’en connais un qui est (encore) plus énervé – et plus baraqué – que moi… Clic
Un autre écrit ce que j’aurais voulu écrire… Clic

Quand Madonna reste… Madonna

Ne me dites pas que, le soir venu, paisiblement installé dans votre lit, toutes lumières éteintes, vous ne vous êtes jamais remémoré des choses que vous aviez dites ou faites en ressentant une honte profonde. Même si la honte n’est pas un sentiment que je ressens souvent, ceux qui me connaissent vous le diront, j’ai, moi aussi, ressenti ce sentiment très récemment en me souvenant que j’avais écrit ça un jour.

Naïveté, débilité profonde, trisomie latente? Je ne sais pas ce qui clochait chez moi. Ce que je sais c’est que je ne pourrais plus écrire les choses de cette manière aujourd’hui. Je ne pourrais plus dire que je ne suis pas fan de Madonna. Tout simplement parce que cela reviendrait à me mentir à moi-même. Et me mentir à moi-même aux portes de 2012 serait malvenu.

Parce que l’année 2012 sera l’année de la Reine!

Et force est de constater que cette perspective me rend euphorique au plus haut point… J’ai l’impression de retrouver mes soixante ans.

Pour toi que la carrière de Madonna ne passionne pas – mécréant – voici un résumé de ce qui nous attend en 2012 en trois lignes.

Un film à aller voir absolument…

Un album à écouter absolument en boucle…

Un concert au stade de France le 14 juillet 2012 à savourer absolument.

Et pourtant, même moi, fan de la première heure, je dois le reconnaître: il n’y a rien de bien nouveau dans tout ça.

Madonna est connue pour être la reine de la réinvention – ce qui est plus un argument marketing qu’une réalité. Mais à cinquante-trois ans peut-on encore se réinventer? N’a-t-on pas la sensation d’avoir déjà tout fait? Ne tourne-t-on pas en rond dans son propre univers jusqu’à s’autocaricaturer à l’infini?

Ça n’étonne personne que Francis Cabrel chante en boucle la même chanson depuis 1976, que Mylène Farmer se suicide dans chaque nouveau morceau, que Zazie débite un jeu de mot foireux toutes les quarante-cinq secondes… Mais Madonna se doit d’aller sans cesse de l’avant, de ne jamais regarder dans le rétroviseur, de nous étonner sans cesse un peu plus… Parce que c’est là-dessus qu’elle joue depuis le démarrage de sa carrière. Elle est prisonnière de l’image qu’elle s’est elle-même évertuée à entretenir… Comme nous le sommes tous.

Pourtant, toute Madonna qu’elle est, à cinquante-trois ans, elle n’a plus la même fraîcheur, ses idées ne sont plus aussi révolutionnaires. Elle s’est elle même condamnée à faire du Madonna ad vitam aeternam.

Cette question peut paraître superficielle quand on l’applique à quelque chose d’aussi inutile que la carrière d’un artiste… Mais elle est en réalité plus profonde.

Elle me ramène à moi. A quoi ressemblerai-je en vieillissant? Quelles seront mes idées sur la vie? Vais-je continuer à évoluer? Vais-je continuer à me transformer autant que je me suis transformé depuis le 9 janvier 2007, date de la publication de la fameuse deuxième note de mon blog que je n’assume aujourd’hui que parce qu’elle me permet de mesurer le chemin parcouru depuis? Vais-je acquérir un peu de sagesse? Ma course se ralentira-t-elle inexorablement jusqu’à ressembler à du sur-place?

J’ai bien peur d’avoir la réponse sous mes yeux lorsque je contemple nos stars vieillissantes et particulièrement Madonna.

La preuve par A+B de ce que j’avance.

D’abord,  ce film, “W.E.”.
La première fois que j’en ai vu des photos, j’ai été frappé par la ressemblance entre l’Andrea Riseborough fantasmée par Madonna et Madonna elle-même. Au naturel, elles n’ont pourtant rien de commun. Elle l’a tout simplement transformée en elle-même, ce qui peut avoir un côté effrayant, mais qui, pour un fan est finalement assez plaisant et rassurant.

Souvenez-vous du regard de la Madonna – Evita de 1996 – pour ceux qui étaient nés -

Madonna ou Andrea Riseborough?

Andrea Riseborough ou Madonna?

Ensuite, les deux morceaux issus du prochain album, déjà disponibles sur internet à la suite de quelques fuites soit-disant malveillantes.
Si je vous dis que je les adore et que je les écoute en boucle, je suis forcément parti pris. Je l’admets.
Mais je reconnais aussi qu’à la première écoute, j’avais l’impression de déjà les connaître par coeur.

Oui parce que Give me all your love en 1986 ça s’appelait Jimmy, Jimmy

Et parce que  Masterpiece en 1995 ça s’appelait You’ll See. 

Bon… Ne boudons pas notre plaisir. Ces morceaux restent du bon Madonna et je me précipiterai sans aucun doute sur l’album… La finesse d’un Masterpiece ou la pêche d’un Give me all your love sera toujours moins grossière et vulgaire que tout ce qui peut sortir de cet espèce de tromblon:

Mais le fait est bien réel. Il arrive un stade de la vie auquel les fondements de nos personnalités sont tellement ancrés qu’ils interdisent toute remise en question ou prise de risque. C’est à ce moment là que les gens commencent à vous désigner par le doux sobriquet de “vieux con”.

Posez-vous la question en regardant vos parents… Ne sont-ils pas la caricature de ceux qu’ils étaient lorsque vous étiez enfant?

Alors, si nous revenons à Madonna, celle qui vous semblait si subversive lorsque vous étiez enfant ou adolescent,  sa musique est toujours plaisante, vous sentez qu’une fois de plus vous vous laisserez prendre à chantonner give me all your love, mais vous savez aussi que vous n’aurez plus le plaisir de la découverte. A l’excitation d’un nouveau monde a succédé le confort d’un monde connu et rassurant.

Voilà ce que c’est de vieillir.

Madonna WANTS HER GAYS BACK!!!!

Les icônes sont vraiment des salopes entre elles.

La preuve par deux.

Partie 1

Partie 2

… Mais ma petite Maddy, il serait temps que tu apprennes que l’on n’obtient pas toujours ce que l’on veut…

Par exemple, moi, je voudrais que mes vacances reviennent.

Et pourtant, demain matin, elles ne seront déjà plus qu’un lointain souvenir.

GAYDAR – Leçon 2 – La salope en moi

Il y a quelques années j’ai lu un truc dans Têtu - moi aussi j’ai besoin de me reposer le cerveau- que j’ai trouvé très vrai:

Les hétéros aimeraient coucher avec Madonna – Les homos aimeraient ÊTRE Madonna.

My sugar is raw.

Madame, lorsque vous aurez saisi ce principe fondamental de la gaytitude, vous aurez fait 50% du chemin vers la fille à pédé qui sommeille en vous.

Oui, 90% des gays rêvent en secret de pouvoir un jour se produire sur les plus grandes scènes parisiennes dans un numéro chanté de lapdance faisant passer Lady Gaga pour Martine à la plage.

En pratique, la prochaine fois que vous croiserez un homme bien fait de sa personne dans le métro et qui, à plus de 22 ans laisse échapper de son casque une musique qui ressemble à ça:

… Et remue les lèvres à la manière d’une salope en récitant comme un psaume des passages clés de la chanson tels que I like it, like it ou Na na na na na come on, sachez-le, c’est que vous vous trouverez tout simplement en face de moi

VOUS VOUS TROUVEREZ EN FACE D’UNE GROSSE TARLOUZE.

Exercice pour la prochaine fois:
repérez un gay dans le métro d’après les critères énoncés ci-dessus et faites-lui un grand sourire de connivence. Vous deviendrez immédiatement sa meilleure amie pour la vie.

Racisme ordinaire fortement recommandé

Je ne serai jamais en phase avec le vide idéologique de l’époque dans laquelle nous vivons.

Je ne tombe pas dans la facilité du “c’était mieux avant”, thème de l’excellent dernier Woody Allen, Minuit à Paris, mais j’ai quand même du mal à accepter que l’on parle de message universel de tolérance lorsqu’une bulle de vide tombe dans une médiocrité métaphorique tellement profonde qu’elle compare sa liberté à celle de ses cheveux.

J’ai encore plus de mal à accepter, certainement parce que j’y suis naturellement sensible, ce racisme ordinaire qui consiste à se gausser de la petite taille de Nicolas Sarkozy et à l’appeler le nabot ou autre nain à tout bout de champ. Ceux dont le seul argument pour critiquer l’action de Sarkozy est d’ordre physique sont aussi cons que ceux voyant dans Lady Gaga un nouveau messie. Utiliser ce type d’argument est devenu de bon ton pour tout un chacun alors que ce propos est aussi ordinairement raciste que d’insinuer que Delanoë serait incompétent parce qu’il est pédé ou que Rouge-cerise serait limité parce qu’il est roux - alors qu’il écrit quand même pas mal, non? – ou que Madonna ne serait plus bonne à rien parce qu’elle a passé la cinquantaine ou que Strauss-Kahn ne pourrait être sexuellement déviant parce qu’il est directeur du FMI.

Que l’on critique son bilan, son attitude, son inefficacité, ses colères, ses faux pas, son hypocrisie, son amitié avec les hauts représentants de la sphère financière, c’est à dire que l’on apporte des éléments objectifs et étayés, me semble tout à fait digne d’un débat démocratique. Le reste relève du pamphlet violent, vide et absurde.

D’où sort-on que l’intelligence, le charisme ou l’efficacité auraient un rapport avec la taille? Je pourrais citer pléthore de contre-exemples mais je ne m’abaisserai pas à essayer de convaincre la poignée d’imbécile sûre du bien fondé de ses jugements hâtifs.

Mais lorsque je m’aperçois que le soit disant milieu intellectuel du septième art utilise ce type d’argument pour rallier de potentiels spectateurs, je m’insurge. L’affiche de ce film ne vaut pas mieux qu’une conversation dans un bar PMU. Le pire, c’est que je suis convaincu que le propos de ce film est intéressant et j’irai certainement le voir.

Oh! Qu'il est petit le Président!

Reconnaissons juste que nous vivons dans la société du tout marketing et que le marketing s’accommode mal des idées de fond. Le temps de cerveau disponible évoqué par Patrick Le-Lay en 2004, provoquant au passage l’indignation de l’élite intellectuelle française, est exploité jusqu’à la corde par les publicitaires. Le tout marketing a fini par imprégner l’ensemble de la société et particulièrement cette frange élitiste.

Ce nivellement par le bas m’insupporte et me fait peur. Jusqu’à quelle couche de la société se répandra-t-il avant que l’on ne comprenne que le débat se nourrit d’idées construites et argumentées et non de préjugés prémachés?

Et pourtant, j’aime la caricature.

Je ris de bon cœur lorsque l’on me surnomme le nain autant que je trouve pathétique que la taille d’un homme devienne un argument politique.

Tout est question de contexte.