Je m’emmerde parfois en réunion. Je déteste ces moments pendant lesquels les propos tournent dans un sens du cercle puis retournent dans l’autre sens pour finalement revenir au point central, celui que tout le monde avait réglé durant les dix premières minutes de réunion. Trois heures qui auraient pu prendre dix minutes ou la vie d’un technocrate.
Depuis quelques temps, j’ai résolu le problème de l’ennui. Comme la plupart de ceux que je côtoie dans ces moments glauques, je pose mon Blackberry Torch HTC Desire Z en mode vibreur devant moi. La simple présence de cet objet devant soi donne une contenance, renvoie un message: “non, je ne peux pas me passer de mon téléphone pendant les trois heures durant lesquelles vous me faites subir votre ignorance… Mes messages professionnels arrivent à une telle cadence et je suis tellement irremplaçable, qu’il est impensable que je ne puisse pas y répondre immédiatement”.
En fait de message professionnels, l’ensemble des personnes qui sont autour de la table savent bien que nous sommes en permanence branchés sur twitter, facebook et autre gmail perso déversant son flot de messages de “cécilederostand@venteprivée.fr” ou de “price-minister.bonnesaffaires.com”.
C’est sans compter sur le fait que, depuis quelques mois, j’ai été abonné de force à un groupe facebook nommé Gay Paris.
Depuis ce temps béni, les réunions avec mon directeur général ou ses acolytes sont donc ponctuées de messages de Mathieu Le Gobeur ou d’Aristide la lopette qui me demandent si je suis disponible de suite pour un plan vidage de YOP sur Paris ou banlieue proche.




