Pédé ou pédo?

Hier, au travail, un certain monsieur P. m’a envoyé un message.

P… Ce nom m’est plus que familier.

Ce n’est pas lui bien sûr, mais il porte son nom. Le nom d’un souvenir lointain dont je n’ai jamais su déterminer s’il était bon ou mauvais. Un souvenir dont j’ai eu honte pendant longtemps. Peut-être est-ce encore un peu le cas.

Les P. étaient des amis de mes parents. Ils étaient charmants… Enfin je crois. A vrai dire, je ne me souviens pas très bien d’eux. En revanche, je me souviens bien de leur fils, Marc. Il avait huit ans de plus que moi. Je le trouvais beau.

Un soir, alors que nous avions fini de dîner, Marc me demanda si j’avais envie de jouer à un truc auquel je n’avais jamais joué… J’avais huit ans et j’étais déjà un petit curieux. Je l’ai suivi sans poser de question. Nous sommes arrivés dans sa chambre. J’aimais bien sa chambre. J’avais l’impression d’être dans un lieu sacré et mystérieux. Un lieu de garçon dans lequel j’échappais à l’autorité de mes parents.

Il a fermé la porte à clefs. J’étais un peu craintif, mais surtout très excité. Je ne comprenais pas les raisons de ce cérémonial même si j’avais le sentiment qu’il allait se passer quelque chose d’important.

Marc s’est assis à côté de moi. Doucement, il a enlevé sa ceinture, a déboutonné son jeans et l’a descendu sur ses cuisses. Je le regardais sans oser bouger… Il a pris ma main et l’a dirigée vers son slip en me disant que je pouvais maintenant faire ce que je voulais. J’étais tétanisé… Comme si l’on m’avait donné un gage et que je devais m’exécuter, sans que l’on m’ait précisé au préalable jusqu’où je pouvais aller.
J’avais conscience que nous étions en pleine transgression de quelque chose… Mais je crois aussi avoir été très excité. Alors je me suis mis, maladroitement, à toucher de manière de plus en plus insistante cette bosse qui grandissait de manière impressionnante sous son slip. Elle grandissait tellement que me suis dit qu’elle n’arrêterait jamais de grandir…

N’y résistant plus, il a baissé son slip, laissant apparaître sa bite. Je me souviens de l’avoir trouvée énorme. Mais n’avez-vous jamais été déçus par la petite taille d’un endroit que vous pensiez gigantesque lorsque vous étiez enfant? Je me souviens aussi très précisément d’avoir senti pour la première fois cette odeur caractéristique d’un sexe d’homme lorsque son slip fut totalement baissé.

Puis, il m’a demandé gentiment si je ne voudrais pas, moi aussi, me mettre nu. Je me suis exécuté. Il avait du pouvoir sur moi. Je me souviens ensuite vaguement qu’il m’a touché, que je me suis mis à bander… Et je me souviens surtout de cette phrase qu’il a prononcée en me touchant: “c’est marrant”

Je n’ai jamais compris ce qu’il avait voulu dire. Après ça, j’ai cru pendant longtemps être très spécial… Jusqu’à ce que je découvre que nous avions tous, peu ou prou, les mêmes réactions physiques dans les mêmes circonstances.

Je n’ai pas beaucoup d’autres souvenirs de Marc… Il y a juste eu cette autre fois.
Je ne sais plus pour quelle raison, ma mère m’avait déposé chez les P. pour que j’y dorme. Evidemment, Marc a été installé dans la même chambre que moi. Nous avons parlé une partie de la nuit. Il m’a demandé si j’avais une petite amie… J’avais certainement 9 ans à cette époque… J’ai hoché la tête pour ne pas passer pour un imbécile. Il s’est mis à plat ventre, nu et m’a demandé de lui faire ce que j’aimerais faire à cette petite amie. Je me suis placé contre lui en me frottant frénétiquement. Je pense qu’il avait espéré autre chose mais j’étais un peu jeune pour imaginer ne serait-ce que l’idée d’une pénétration.

Puis, mes parents ont déménagé. Loin.

Nous n’avons jamais revu les P.

Pourtant, alors que, des années plus tard, j’évoquais de vieux souvenirs avec ma mère, la famille P. est revenue au centre de la conversation. Sans que je ne lui demande rien, ma mère m’a dit que les P. avaient eu un problème de pédophilie avec leur fils Marc… Tout m’est revenu en plein visage.
Elle a poursuivi en me disant que le fils d’autres amis, qui avait un an de moins que moi, s’était plaint d’attouchements de la part du fils des P.
Elle s’est arrêtée de parler. Soudainement inquiète, elle s’est tournée vers moi en me demandant si j’avais subi quelque chose de sa part.

Non.
Je n’ai rien subi.
J’étais consentant. Enfin je le crois. Je ne suis toujours pas convaincu qu’il s’agissait de pédophilie. Il n’avait que 16 ans.
Mais que peut-on dire de la valeur du consentement d’un enfant de huit ans? Est-ce que ma route aurait été exactement la même si je n’avais pas rencontré Marc? Pourquoi ai-je toujours eu honte de l’avoir laissé me toucher si jeune?

Voilà, c’est fait.

Un message. Un simple message professionnel m’a entraîné à livrer ici ce que je n’avais jamais livré à personne, y compris à ma psy. Et maintenant que c’est écrit, je sais que j’appuierai sur “publier” sans déterminer s’il s’agit d’un manque de pudeur ou simplement d’une façon d’exorciser.

Je referme le livre.
J’ai cherché sur google, Marc est aujourd’hui à la tête d’une petite société d’évènementiel. Il est en couple…
Je suis certain qu’il ne se souvient pas de moi.

Moi, je me souviens de lui. Mais je ne sais toujours pas si c’est en bien ou en mal.

I-I-I-I’m addicted to MDNA

Je ne suis pas le mieux placé pour critiquer un nouvel album de Madonna, et pourtant, les gens que je connais n’ont de cesse, depuis ce week-end, de m’adresser la question suivante: “Alors?”…  Ce qui pourrait se traduire vulgairement par “il est bon le dernier album de Madonna ou c’est de la merde?”.

Oui, parce que, pour je ne sais quelle raison, quand il s’agit de Madonna, le commun des mortels attend qu’elle nous chie un lingot d’or. Pas de demi-mesure: si elle chie des lingots d’argent - oui, ça existe, j’ai vérifié – on dira que c’est de la merde, même si, dans les six mois qui précèdent, personne n’a fait mieux que du bronze. Bref, à s’autoproclamer Reine de la pop, elle s’est sans doute mise dans la merde toute seule, comme l’avaient fait Michaël Jackson ou Prince avant elle et comme le fera Lady Gaga.

Autre chose, quand il s’agit de Madonna, les soit-disant critiques ne parviennent pas à dépassionner le débat. Rolling Stones ou Billboard vont parler d’un bon voire excellent album là où Evene ou 20 minutes vont prendre un malin plaisir non à descendre l’album, mais à descendre la femme. S’il y a bien un aspect qui n’a pas varié depuis le début de sa longue carrière, c’est l’attitude des journalistes et du public à son égard. Je me souviens d’ailleurs d’une critique assassine de l’album Ray Of Light, considéré aujourd’hui comme l’une de ses meilleures productions, par Didier Lestrade dans Têtu. Tout ça parce qu’elle n’avait pas fait intervenir un orchestre symphonique sur Frozen. Elle n’a jamais été épargnée, elle a toujours été critiquée voire assassinée pour son soit-disant manque de talent et d’originalité. Ce que l’on oublie trop souvent, c’est que le talent ne fait pas tout. Il y a dans les rues des milliers de chanteurs au talent démesuré qui ne percent pas. La différence, c’est le charisme.
C’est une leçon que j’ai apprise, une fois n’est pas coutume, au moment de l’émergence de Lady Gaga. Je me suis demandé pourquoi elle suscitait tant de passion alors que ses morceaux ressemblent à du Samantha Fox boosté aux hormones… La réponse, c’est que Lady Gaga est charismatique - je ne le répèterai pas deux fois- et, oui, Madonna l’est aussi. Et, si je parle uniquement en mon nom, sa force communicative peut m’entraîner très loin.

Alors concernant MDNA, je me contenterai de répéter un peu ce que j’ai lu dans des articles à peu près objectifs.

Les deux premiers singles ne sont pas du tout représentatifs de l’album qui, lui, est plutôt très intense (tantôt dark, tantôt euphorique, tantôt épuré). MDNA est vraiment construit comme un voyage dans l’univers de Madonna. Il s’agit d’un album cohérent et très progressif. L’écouter en intégralité c’est un peu comme regarder un film.
On se retrouve parfois en terrain de connaissance (I’m a sinner ou Love Spent qui reprend le fameux gimmick d’Abba déjà utilisé dans Hung Up) et parfois en terrain un peu plus expérimental (Gang Bang ou I don’t give A…). L’ironie est toujours là lorsque Nicky Minaj évoque la ridicule guéguerre construite par les médias entre Lady Gaga et Madonna (you’re more original than Gaga – there’s only one queen, and that’s Madonna) et il est réconfortant de se souvenir que la pop n’est pas une affaire sérieuse, même si ses enjeux économiques sont énormes.
Quelques chansons sucrées et faciles (Turn Up The Radio ou Superstar) tournent dans la tête dès la première écoute de manière obsessionnelle et vous donnent le sourire.
D’autres (I’m addicted ou Some Girls) vous donnent l’envie de buter tous les obstacles qui se trouveront sur votre route de manière énergique tandis que Falling free vous pose sur un nuage délicat qui pourrait avoir été poussé juste sous vos fesses par Kate Bush.

Alors effectivement, MDNA n’est pas un album parfait. Madonna n’est pas parfaite, elle se tue à le répéter. Mais il s’agit d’un album humain, sombre, drôle, ironique, parfois doux, parfois violent. Venant de l’une des popstars les plus connues de la planète, après 300 millions de disques vendus, un peu d’authenticité n’a pas de prix.

On a pu dire que Madonna cherchait à rivaliser avec les jeunettes qui se sont installées pendant son absence. Moi, je pense que non. Son expérience transparaît dans sa musique et dans ses textes. Sa musique ne sera pas comprise par des adolescents de 13 ans shootés aux Rhianna et autres Katy Perry. Ces dernières devraient d’ailleurs considérer MDNA comme une sorte de masterclass. Madonna n’est pas dans une posture que voudrait lui imposer tel ou tel producteur. Elle assume tout, elle a des épaules solides et ça se sent dans sa musique.

Pour résumer, MDNA est nettement au-dessus de Hard Candy. Cet album prouve, s’il en était besoin que Madonna manquera à la pop lorsqu’elle raccrochera les gants.

Promis, après cette note, je parle d’autre chose que de MADONNA!

PS: J’en connais un qui est (encore) plus énervé – et plus baraqué – que moi… Clic
Un autre écrit ce que j’aurais voulu écrire… Clic

Les yeux qui sentent le cul

J’ai toujours été persuadé que je vieillirais mal. Eh bien ça y’est. J’ai trente-cinq ans, et je peux l’affirmer sans ambages: je vieillis mal.

Hier, Very et moi avons brunché vers Oberkampf. Après avoir tourné un peu dans le quartier, nous avons trouvé un endroit assez sympa: Chez Justine, un bistro rétro décoré dans le style fifties, comme il y en a plein dans le onzième. L’endroit est donc forcément rempli de bobos affalés sur des sièges, ayant le sentiment de faire partie des happy few comprenant l’esprit du paris des années cinquante version intellectuels de gauche… Mais il y a un hic: les bobos ont un iPhone 4S greffé à leur main droite, ce qui casse complètement leur standing. Vous en conviendrez.

Outre le fait que nous n’avons pas particulièrement bien mangé (la salade César et le yaourt grec au miel étaient pas mal, mais l’oeuf bénédict aurait dû être vomi immédiatement sur la mosaïque fifties si nous n’avions pas eu si faim), fifies-style oblige, l’endroit est éclairé au néon. AU NEON! Cette lumière blanche que l’on ne trouve plus que dans les fermes reculées du Cantal accompagnée du rituel tue-mouche autocollant.

On n’a pas le droit d’éclairer la gueule d’un plus de trente ans au néon, c’est inscrit dans la Constitution.

Comme si elle me détestait, la fille nous a placés dans un endroit vraiment charmant au fond, à l’endroit des banquettes rouges, des fauteuils vintage et… Du miroir en pied… Je le répète pour exorciser  ce souvenir: pendant plus d’une heure, j’ai mangé devant ma tronche éclairée au néon devant un miroir en pied.

Pendant plus d’une heure, samedi, j’ai vu ça:

On pourrait ranger les courses d'une semaine dans mes poches

Very a vraiment dû passer un moment affreux à m’entendre lui demander en boucle si j’étais vraiment comme ça à la lumière du jour et à maugréer contre ma dégradation physique. C’est lors de ces moments-là que je comprends qu’il m’aime vraiment.

On pourrait ranger les courses de la semaine sans problème dans mes poches sous les yeux, c’est un fait. J’ai donc passé mon repas accroché à mon Galaxy note à essayer de trouver la clinique la plus proche qui me prendrait en urgence pour une blépharoplastie laser par voie transconjonctivale… Et puis je me suis rendu à l’évidence. Le samedi, les chirurgiens plasticiens sont tous dans leur maison de famille à Etretat…

Very me l’a affirmé: tous les forums féminins conseillent l’application d’une crème anti-hémorroides sous les yeux pour activer la circulation sanguine et faire dégonfler les popoches.

En sortant de chez Justine, je me suis jeté sur la première pharmacie venue.

J’ai passé ma première nuit avec de la crème anti-hémorroïdes sur la figure. Et je le vis plutôt bien.

Source d’inspiration

Finalement, j’aime beaucoup cette photo.

Do you like her tits?

Finalement, j’aime beaucoup ce morceau, et spécialement les paroles.

Juste parce que le message qu’elle adresse entre les lignes à ses détracteurs, à ceux qui la trouvent trop vieille à 53 ans pour rester une pop star, c’est un monumental:

JE VOUS EMMERDE.

Elle n’est jamais rentrée dans le rang. Elle ne rentrera jamais dans le rang.

Et cette semaine, croyez-le bien, ce monumental JE VOUS EMMERDE fut une réelle source d’inspiration pour moi.