Je suis si sec en ce moment. J’ai envie d’écrire sans trouver quoi dire. C’est un phénomène qui se passe souvent à l’approche de mon anniversaire. Je me projette en avant et en arrière sans vivre le présent. Je suis bloqué. Je suis en maintenance système.
Je me fous du temps qui passe toute l’année sauf durant la deuxième quinzaine d’avril et la première de mai. Juste une période de merde récurrente renforcée par le fait que tout le monde s’éveille à la douceur du printemps et à la renaissance de la nature, ce qui m’agace toujours souverainement.
Dans ces moments là, ce qui me fait du bien c’est de passer des moments avec des gens aigris et mal dans leur peau. Vous ne pouvez pas imaginer ce que je me suis senti bien lorsque Viviane m’a dit hier qu’elle allait passer le week-end toute seule, bien heureuse que le premier mai tombe un dimanche ou quand Iris, une partenaire de théâtre, m’a regardé avec envie en lâchant un Quelle chance d’être en couple… Moi, je n’ai baisé que deux fois sur les 18 dernières années.
Que les gens dépressifs, avec une préférence évidente pour les suicidaires, viennent me voir pour me faire du bien.
Que les Loana de l’ensemble du pays se mettent en route pour mon appartement.
Je promets de les recevoir en audience individuelle autour d’un thé et de huit boîtes de Lexomil. Montrez-moi donc combien votre vie est moche pour me permettre de réaliser à quelle point la mienne est merveilleuse.
J’y ai droit: c’est bientôt mon anniversaire!
J’ai tous les droits. Maintenant, battez-vous.
