Give me all your germs!

Viviane ne changera pas en 2012. Je ne sais pas si elle l’a décidé, si ça lui est venu comme une lubie, ou si elle subit la situation.

Moi, par contre, j’ai décidé de tout changer dans ma manière de travailler: j’ai acheté une senseo noire qui trône depuis la semaine dernière sur mon bureau.

C’est d’ailleurs en courant aux toilettes pour remplir le réservoir de ma précieuse machine que Viviane m’a repéré…

Hein? Mais tu as une machine à café toi, maintenant? Mais de quelle couleur elle est? Et tu prends plutôt des verres en plastique, en papier ou un mug? De quelle couleur? Tu prends quel style de dosettes?…  Bref, je fus assailli de questions… Jusqu’à la fatidique:

Je peux venir voir?

Je vous passe les cris d’extase à la vue de ma machine que l’on peut trouver, je le souligne, dans n’importe quel supermarché pour la modique somme de 59 euros (c’est dire si ça vaut le coup de pousser des hurlements orgasmiques). Tout ça pour en arriver à LA discussion cruciale...

Oh… Tu préfères les mugs aux verres en plastique? Moi aussi. C’est plus écologique. Et tu le nettoies souvent le tien?

Ma spontex rutilante exposée derrière ma machine pouvait en témoigner… Oui, je le nettoie quotidiennement. Le soir, avant de partir…

… Mais non, je n’aurais jamais dû répondre ça.

Viviane s’est jetée dans cette discussion à corps perdu comme si sa vie en dépendait.

Hein????? Mais c’est dégueulasse? Moi je la nettoie à chaque fois que je prends un café ou un thé… Il y a tellement de virus qui flottent dans l’air!

Se faire traiter de dégueulasse par une vieille fille incapable d’aller consulter pour un détartrage c’est pathétique. Je suis d’accord avec vous.

D’ailleurs Viviane, sentant qu’elle était allée un peu loin, s’est rattrapée aux branches avec la douceur d’un cageot de melons s’étalant sur le gravier.

En même temps, virus ou pas, moi, je veux bien boire dans ta tasse après toi… Et plus si affinités.

Un grand silence gêné a suivi cette saillie verbale.

Ce jour-là, je n’ai pas vu le temps passer.

Je me suis jeté dans le travail pour oublier.

Jupe tâchée

On parle d’une journée de la gentillesse, on parle de scènes follement intéressantes (hein?) se produisant dans le métro et ça m’inspire…

D’abord parce qu’en fouillant bien dans ma boîte mail, j’ai trouvé la preuve que Viviane avait fêté cette journée de la gentillesse le 13 novembre dernier en me transmettant un message probablement destiné à clarifier ce mystère dont elle est entourée, un peu à la manière d’une Carole Bouquet moche,  intitulé “Devine quoi…”

Je ne résiste pas à copier-coller ce message ici tant l’information délivrée est primordiale pour la culture de l’ensemble de ses fans et surtout pour le futur de nos relations. Donc, le 13 novembre dernier, Viviane a pris le temps de rédiger un message électronique pour m’indiquer la chose suivante: “Whouahhh je suis juste en dessous de toi :-D (dans le plan de congés!)”…

Je n’ai pas répondu… Même pas pour lui demander si elle était fière de son empreinte carbone. Je suis fier de ce self control nouvellement acquis.

Ainsi Viviane est plus bottom que top -dans le plan de congés (clin d’œil appuyé)… Ne soyez pas déçus. Il n’y a pas de surprise: je vous avais bien dit que ça ne collerait pas sexuellement entre nous.

Qu’à cela ne tienne, je raffole de son nouveau brushing.

je ne suis pas fan des boucles d'oreille en revanche

Ça m’inspire ensuite parce que nous parlons de gentillesse dans le métro. Et laissez-moi vous dire qu’en la matière, j’ai vécu l’apothéose de la civilité et de la gentillesse hier. Imaginez-vous que vous êtes à Nation au terminus de la ligne 6. Un garçon plutôt beau, barbe de deux jours, lunettes métrosexualisantes, une raquette de tennis fièrement enfoncée dans son Eastpak, attend le métro avec la même impatience que vous.

Le métro est arrivé.

Dans ces moments là, je suis une furie. Telle une petite vieille, j’ai repéré les places vides en un instant pour y précipiter mon gros cul et sortir mon Galaxy Note. Assis, j’ai tout de suite jeté un œil autour de moi simplement pour vérifier la place à laquelle le beau garçon, de toute évidence plus cool que moi, allait s’installer. C’est à ce moment que j’ai assisté à l’une des scènes les plus surréalistes qu’il m’ait été donné de vivre dans ce trou urbain.

Le garçon s’est avancé vers une place située en face d’un grand black d’environ 3 mètres – pour moi, le monde entier est grand – qui, en le regardant avec défiance, a lancé volontairement un énorme crachat sur le siège sur lequel il allait s’asseoir… J’avais mon casque audio. J’ai juste pu constater que le garçon avait protesté tout en rougissant de colère. 

Oui. On en est là. Les gens crachent sur votre siège pour vous signifier qu’il ne veulent pas de vous en face. C’est poétique, non?

Je m’en fous. Le beau brun est venu s’installer à côté de moi et c’est une jeune godiche qui s’est installée là-dessus.

Fais attention à ta jupe chérie

M’est avis qu’il y en a une qui a dû déclencher l’hilarité à la machine à café.

GAYDAR – Leçon 4 – Ne jamais tomber amoureuse d’un gay

Vous vous souvenez de Rosine, ma copine de théâtre?

Rosine a un problème

C’est un euphémisme que d’affirmer que Rosine a un problème avec les hommes. Son manque de sexe -18 ans sans tenir une bite dans sa main doit ressembler à l’éternité- et la haine développée à l’encontre de son ex-mari parti avec sa jeune secrétaire blonde, l’ont transformée en une quinqua aigrie et envieuse du bonheur des autres. Ses hormones affichent les mêmes taux que celles de Viviane mais les résultats comportementaux sont très différents.

A la différence de Vivi, Rosine, malgré ses kilos en trop, est ce que l’on peut appeler une belle femme. Elle ne porte d’ailleurs son attention que sur des mecs relativement beaux et bien foutus avec une préférence marquée pour les latinos. Elle est l’archétype de la fille à pédés. Malheureusement pour elle, elle ne le sait pas.

Il y a quelques semaines, nous étions invités à une crémaillère et j’ai tout de suite remarqué que le regard de l’un des convives, plutôt grand, la quarantaine, assez beau, dérivait fréquemment vers moi. Vous me connaissez, je n’y ai pas porté plus d’attention que ça, trop occupé à rire avec mes copines aussi pétasses que moi… Rosine, elle, avait repéré ce quadra à l’allure virile. Dès que le champagne fut servi, elle se rua vers lui, deux coupes à la main, pour démarrer une conversation qu’elle espérait bien terminer dans son lit.

Et puis, je les ai perdus de vue, jusqu’à ce que je m’aperçoive qu’un deuxième mec avait rejoint leur conversation, leurs regards trahissant le fait que Rosine était en train de donner des informations à mon propos.

La nuit s’est ensuite déroulée sans que je ne suive assidûment ce petit manège qui, je le savais, était voué pour Rosine à se terminer en eau de boudin.

Je n’avais plus pensé à cette soirée jusqu’à ce qu’hier je ne reçoive un message dans lequel Rosine évoquait à nouveau ce mec et me demandait si, selon moi qui suis le petit pédé de service, il y avait une chance, une infime possibilité pour que celui-ci soit bissexuel et nourrisse l’envie de démarrer une histoire d’amour avec elle. Ainsi, Rosine s’était caressée tous les soirs de l’été en pensant à cette soirée et à la façon dont il aurait pu la retourner et la prendre sauvagement sur le canapé.

Je me suis alors souvenu que, déjà, elle avait complètement craqué pour un mec de mon cours de théâtre dont la sophistication n’avait rien à envier à celle de Zaza Napoli. Elle m’avait confié quelques mois après qu’elle ne s’était jamais douté de son goût plus prononcé pour le léchage de couilles que pour le lapement de vulves.

Is this man gay?

Alors j’ai pris ma plus belle plume et j’ai joué mon rôle: celui du gaydar officiel de Rosine.
Je n’ai pas voulu casser les beaux moments certainement vécus en solitaire aux côtés de ce mec durant les deux derniers mois. Je ne lui ai pas dit que, sans doute, son seul rôle avait été celui de la bonne copine divertissante pour la soirée mais soulante le reste du temps. Je ne lui ai pas dit non plus que tant qu’elle ne serait pas dotée d’une bite de 23 centimètres entre les jambes elle ne l’intéresserait pas.

Non. Je ne suis pas aussi méchant… Vous en doutiez?

Je lui ai simplement répondu que, peut-être effectivement, il avait un penchant pour le sexe que l’on dit faible – Rosine est le genre de femme qui fait perdre à cette expression tout son sens – mais que je ne lui souhaitais jamais, ô grand jamais de démarrer une histoire avec ce type de boulet à la patte. J’ai ajouté que, pour son bien-être, il valait certainement mieux qu’il reste un fantasme… Qu’elle serait sans doute bien plus heureuse avec un homme aux inclinations moins troubles.

Rosine ne m’a pas répondu.

J’imagine que j’ai brisé quelque chose.

Viviane est une passionnée

Ils ont osé installer une blonde jeune et plantureuse en vis à vis de Viviane depuis le 1er septembre. Eloïse qu’elle s’appelle. Les mecs du service se précipitent maintenant les uns après les autres dans ce bureau qui n’était que vide et désolation il y a encore quelques jours…

Eloïse en plein travail

… Mais Viviane reste sereine et riante.

Je me demandais pourquoi jusqu’à ce que je découvre, la semaine dernière, que Viviane vit ce que l’on peut appeler une passion dévorante.

Je vous l’annonce. Viviane n’est pas qu’intelligence. Viviane est également chanson.

Je vous propose de goûter avec moi et sans modération l’une de ses délicieuses prestations ci-après.