Les goûts et les couleurs

Je repensais tout à l’heure à ce moment où j’ai compris, sans me l’avouer, que les goûts et les couleurs ne se discutaient pas.

J’étais en 4 ème. Tout le monde, y compris elle, pensait qu’elle était ma petite amie… Tout le monde sauf moi.

A ce moment précis, nous parlions des relations entre filles et garçons.

Elle m’a avoué qu’elle ne comprenait vraiment pas pourquoi la société vouait un tel culte au corps de l’homme, alors qu’une femme nue était quand même beaucoup plus agréable à regarder qu’un homme nu.

Je me souviens de l’avoir toisée comme si elle était bonne à enfermer.

Les goûts et les couleurs ne se discutent vraiment pas…

Et pourtant aujourd’hui, j’aime les gousses, la preuve:

Le nouveau Gossip est arrivé

La VRAIE expression citoyenne

Dimanche, je suis allé voter.

Je sais. Cela vous cause un choc et ce seul élément est assez palpitant pour justifier que j’arrête ici mon récit.

Mais j’ai mieux…

Donc dimanche, je suis allé voter. Il n’y avait pas foule.

Alors que j’attendais avec Monsieur Very dans la courte file qui devait nous mener aux deux tantouses mateuses qui tenaient pour l’une le registre et pour l’autre l’urne magique, un sexagénaire est entré dans le bureau de vote.

Après avoir pris un à un tous ses bulletins, il s’est arrêté net devant l’isoloir et, ne se résolvant pas à entrer, est revenu sur ses pas pour s’adresser à la fille qui tenait le stand.

Il s’est adressé à elle comme à une chienne et lui a signifié:

Qu’est-ce qu’elle est moche la couleur des rideaux des isoloirs, vous auriez pu faire un effort!

Very et moi, nous nous sommes regardés, à peine certains de ce que nous venions d’entendre, quand la fille lui a répondu sur un ton tout aussi sérieux:

Oui, c’est vrai. Ce marron n’est pas beau. Mais en même temps avant les rideaux étaient gris moche alors…

Alors, le sexagénaire a regardé la fille d’un air résigné et lui a lancé:

Vous avez raison.

Puis, il est rentré dans l’isoloir.

Et soudain je me suis senti rassuré. Heureusement pour la France et heureusement pour nous, certaines personnes mènent un combat acharné pour changer la couleur des rideaux des isoloirs.

Certaines causes doivent absolument être défendues.

Flottement

Mon anniversaire approche. Il ne s’agit jamais d’une période heureuse.

Annuellement, je procède à un mini-bilan désagréable qui me permet de palper le temps qui passe. Je ne peux pas m’en empêcher. Et la conclusion est invariablement la même. Je me fous d’arborer quelques rides supplémentaires mais j’ai du mal à supporter que mon monde s’effrite aussi vite et qu’il soit voué à disparaître avant que je n’aie pu en profiter.
J’en suis tellement contrarié que j’en ai parlé à Viviane comme à une souillon, lui indiquant la sortie de mon bureau alors qu’elle venait sympathiquement m’apporter un document que j’avais laissé à la photocopieuse. Elle avait l’air tellement dépité que je n’ai pu faire autrement que de lui proposer de déjeuner ensemble un de ces jours. Ma connerie me perdra.

L’idéal serait, chaque année, de pouvoir me terrer pendant un mois et de réapparaître à la mi-mai, comme si de rien n’était….
Enfin non, en fait, ce ne serait pas l’idéal du tout.
Se réfugier dans la fuite ou le mensonge me ferait penser à la conne de Direct 8 qui semblait réellement convaincue que mentir était une meilleure solution pour un gay et sa famille que de faire son coming out, anéantissant en une phrase plus d’un siècle de théories sur les effets dévastateurs des “non-dits” familiaux. Comment peut-on laisser des imbéciles pareils animer des émissions sur des sujets aussi sérieux?

L’idéal serait donc de faire courageusement face aux problèmes et d’en finir une bonne fois pour toute avec ces angoisses.

D’ailleurs, je ne reste pas les bras ballants.
Je me suis offert un petit cadeau d’anniversaire: une psy flambant neuve.
Je la vois mi-mai pour la première fois et je suis excité comme une première communiante. Comment vais-je présenter les choses lors de la première séance? Quelle est ma priorité? Vais-je m’entendre avec elle? Vais-je avancer rapidement sur les sujets que sa prédecesseure n’avait réussi qu’à effleurer?

Je suis incorrigible. Lorsque je remplace une chose par une nouvelle chose, c’est comme si l’avant n’existait plus… Enfin au moins au départ…
Du coup, je n’ai même plus envie d’appeler l’ancienne pour l’informer que je n’honorerai pas les derniers rendez-vous… Je n’ai pas non plus envie d’écrire à SFR pour leur expliquer pourquoi je ne paierai pas la somme astronomique qu’ils me réclament pour résilier mon abonnement puisque je suis tellement bien chez B&You.

Et pourtant, je le ferai. Autrement je me sentirai dériver. Et la dérive me fait peur.

Je me console en pensant qu’à cette période taciturne succèdera une période flamboyante.

Vive ma nouvelle psy.

… Tant qu’il y a de l’espoir.

Gaydar – Leçon 7 – Les zizis l’intriguent

Mesdames,

C’est un fait, comme vous, les gays sont bien plus excités à l’idée de découvrir la bite d’un mec célèbre, parfois même s’il est moche, que celle d’un illustre inconnu.

Oui… Parce que voir ce que l’on n’avait pas vraiment voulu vous montrer sur des photos volées, c’est un peu comme rajouter une saucisse dans un hot-dog, ça donne du goût.

C'est quand même meilleur...

C'est quand même meilleur...

Ce n’est pas un hasard si l’une des recherches qui mènent le plus sûrement à ce blog s’intitule sobrement Louis Garrel nu, si la bite d’Emmanuel Moire a fait exploser la fréquentation de l’avis de ditom V 1.0 - vu sa dimension, je pense qu’elle a dû être à l’origine de bien d’autres explosions – ou si Rosine a abusé des arrêts sur image dans le but de choper un bout du morceau de chair du regretté Heath Ledger dans Brokeback Mountain.

Ce n’est pas un hasard non plus si je me souviens toujours de ce fameux jour de 1989 au cours duquel nous avions descendu les gorges du Verdon avec mes parents et l’un de leurs amis plus jeune, Jean-Paul, que je trouvais beau comme une statue grecque. Pour vous ôter d’un doute, je ne me souviens pas de ce jour béni pour la beauté du paysage… Je n’ai jamais été contemplatif. Non… Si je me souviens de cette journée, c’est parce qu’après notre pique-nique, nous avions tous décidé de nous baigner et que… Jean-Paul n’a pas trouvé mieux que d’enfiler son maillot à ma vue déjà pervertie. Je me souviens de cette soudaine excitation née de la sensation d’avoir “volé” une image qui ne m’était pas destinée. Résultat: j’ai vu cette bite un quart de seconde et pourtant je pourrais encore vous la dessiner.

Tout ça pour vous indiquer, mesdames, que si l’un de vos collègues ou amis sur lesquels vous aviez des vues vous informe de manière exaltée que la nouvelle la plus importante de la semaine n’est pas la menace terroriste au Mali, mais le fait que le membre de Zac Effron traîne un peu partout sur internet, vous pourrez immédiatement cesser d’espérer.

… Ou, au minimum, vous considérer comme prévenues.

La Joconde

PS: moi non plus jusqu’au début de cette semaine je ne savais pas vraiment qui était Zac Effron.

Viens faire un poutou à maman

Jeudi, lorsque je suis entré dans la salle de formation, les stagiaires étaient déjà au complet. 14 personnes. Comme d’habitude, j’ai jeté un premier coup d’oeil circulaire… 12 femmes et 2 hommes.

Mon regard s’est arrêté sur une blonde ridée par un bronzage excessif, maquillée à la Julie Pietri, ornée d’environ 12298 bracelets, colliers et boucles d’oreille, des ongles faux, très longs et vernis en noir. J’avais déjà vu cette femme… Mais la physionomie et moi, nous ne sommes pas très amis.

Heureusement, pour me renseigner, Barbie ridée est venue me voir un peu avant que la formation ne démarre.
Oh Ditom… Quand j’ai vu que vous étiez le formateur sur la plaquette, je me suis inscrite tout de suite. Vous m’avez appris tellement de choses la dernière fois…

Une groupie… Après un lundi-confidence de Viviane, ma semaine avait déjà été marquée par un “Je crois que j’ai envie de faire l’amour et je sais qu’à toi je peux me permettre de le dire”… Alors, finalement, pourquoi ne pas vivre une semaine à thème?

Vendredi matin, ma groupie est donc arrivée avec un petit sac élégant rempli de chocolats de pâques achetés spécialement à mon attention. En me le tendant, elle s’est cambrée, me laissant remarquer qu’elle avait vraiment un beau cul pour son âge… Mais qu’importe. Elle n’allait pas s’arrêter en si bon chemin.

Vendredi midi, Barbie ridée m’a indiqué qu’elle connaissait un très bon petit restaurant pas loin et qu’elle serait enchantée de me le faire découvrir. Mais j’avais d’autres projets trop importants pour être annulés: manger des barres hyperprotéinées sur un banc au soleil comme un SDF.

L’après-midi, Barbie ridée, désespérée par tant d’indifférence, a tenté une dernière approche en m’apostrophant devant tous les stagiaires, au milieu d’un exercice.
Ditom - oui… Elle est de ces gens qui se sentent obligés de te rappeler ton prénom au début de chaque phrase - au cas où nous aurions des questions supplémentaires, pourriez-vous nous indiquer vos coordonnées? Elle s’est sentie obligée d’ajouter à l’attention du groupe: ce n’est pas que j’ai l’intention de m’en servir personnellement… Quoique je ne dirais pas non…

Un flottement s’en est suivi…

Je pense que j’ai dû rougir mais peu importe, je me suis retourné de manière très digne vers le tableau et j’ai inscrit l’ensemble de mes adresses professionnelles. L’épreuve était terminée.

Bilan: cette semaine, j’ai failli me taper la mère de Barbie.

Viens petit... Barbie ridée veut te faire un poutou.

Si ça, ça ne vous renvoie pas à la médiocrité de votre vie par rapport à la mienne, je ne sais plus quoi vous dire.